Retraite, RSA, prime d’activité, impôts … Les perdants et faux gagnants de l’inflation à 4,5%

Retraite, RSA, prime d’activité, impôts … Les perdants et faux gagnants de l’inflation à 4,5%

6 Avr 2022 | Actualités

Les prix ont grimpé de près de 5% entre mars 2021 et mars 2022 ! Fort heureusement, quand l’inflation galope, ici portée par les prix de l’énergie, cela enclenche de nombreuses revalorisations automatiques. Mauvaise nouvelle : elles ont un train de retard sur l’inflation. A part la taxe foncière…

Smic, pension de retraite, barème de l’impôt sur le revenu, allocations et aides sociales, révision de loyers… Quand l’Insee met à jour son indice des prix à la consommation (IPC), mesure référence de l’inflation en France, de multiples formules de calcul s’activent. En l’occurrence, cet IPC de 4,5% pour mars 2022 est encore provisoire : l’inflation définitive de mars sera dévoilée par l’Insee le 15 avril. S’enclenchera certaines revalorisations… Problème : de nombreuses formules ne se débloquent qu’une fois par an, ce qui ne permet cette année pas de compenser l’envolée des prix.

Les faux gagnants

RSA et prime d’activité. La Caisse nationale des allocations familiales a confirmé jeudi 31 mars une revalorisation de 1,8% de l’ensemble de ses prestations, « en prévision de la hausse des prix à la consommation ». La revalorisation sera effective sur les minima sociaux (RSA, prime d’activité, RSO et AAH) du mois d’avril, versés à compter du 5 mai 2022. Cette hausse de 1,8% est toutefois loin de faire des bénéficiaires de ces minima sociaux des « gagnants » ! Cette réévaluation est en effet deux fois inférieure à l’inflation de mars. Pourquoi ? Car le revenu de solidarité active est revalorisé chaque année sur la base de la moyenne des douze derniers mois, arrêtée en février. Un timing désavantageux… Il faudra attendre un an (ou une réforme suite à l’élection présidentielle) pour espérer mieux.

Allocataire
vivant seul
Couple
(marié
ou non)
Aucun enfant ou personne à charge575,52 €863,28 €
1 enfant (ou personne à charge)863,28 €1 035,94 €
2 enfants1 035,94 €1 208,58 €
Par enfant supplémentaire230,21 €232,21 €

Voici les barèmes forfaitaires du RSA et de la prime d’activité, valables pour un an à compter du 1er avril et donc jusqu’à mars 2023. Rappel d’importance : ces montants forfaitaires sont diminués en fonction de vos ressources. Ainsi un célibataire sans activité touchera 575,52 euros par mois au titre du RSA, mais ce forfait peut être modulé en cas d’autres ressources ou en cas d’aides au logement. La prime d’activité étant elle nécessairement un complément de ressources, personne ne touche précisément le montant forfaitaire, qui sert uniquement de base de calcul.

Allocataire
vivant seul
Couple
(marié
ou non)
Aucun enfant ou personne à charge563,68 €845,22 €
1 enfant (ou personne à charge)845,52 €1 014,62 €
2 enfants1 014,62 €1 183,72 €
Par enfant supplémentaire225,47 €225,47 €

Attention, la prime d’activité varie fortement d’un foyer à un autre puisqu’il s’agit d’un complément de ressources. La prime effectivement perçue est souvent inférieure aux sommes ci-dessus.

Prime d’activité : un bonus moyen de 185 euros par mois

Allocations familiales. Même revalorisation de 1,8%, pour un an, valable sur les prestations versées par les CAF à compter du 5 mai, pour les allocations familiales, l’allocation de base pour jeunes enfants, le complément de mode de garde, la PreParE pour les parents en congé parental, ou encore pour l’allocation de rentrée scolaire qui sera versée automatiquement en août prochain. Là encore, si l’inflation se maintient pendant de nombreux mois en 2022 autour de 5%, il faudra attendre le printemps 2023 pour que les allocations soient revalorisées à cette hauteur.

Le calendrier 2022 des virements de la CAF

Retraite de base. « A compter du 1er janvier 2022, votre retraite du régime général est revalorisée de 1,1%. » A l’automne, déjà, l’annonce de la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse) pouvait légitimement décevoir les retraités, puisque la hausse des prix entamait son accélération. Le mode de calcul, inscrit dans la loi, est désavantageux en cas d’envolée soudaine de l’inflation : il est en basé sur une moyenne de l’IPC sur 12 douze mois, de novembre 2020 à octobre 2021, pour une application en janvier 2022… Quatre mois plus tard, alors que l’inflation s’envole, les retraités devront attendre la pension de janvier 2023 (versée début février 2023) pour espérer mieux.

Retraite complémentaire. Pire, les régimes complémentaires suivent en nombre le même rythme. Et d’autres progressent encore moins vite. Agirc-Arrco, le régime des salariés du privé, a voté une mise à jour de 1%, au 1er novembre 2021, valable pour un an. Une constante pour Agirc-Arrco selon la fintech Sapiendo : « De 2011 à 2021, la valeur du point, servant de base au calcul de la pension de retraite complémentaire a été revalorisée de 5,71% pour les salariés (ex-Arrco) et 5,50% pour les cadres (ex-Agirc) alors que l’inflation a augmenté de 9,88%. » La fondatrice de Sapiendo Valérie Batigne expliquait en octobre dernier cette « sous-indexation » par « une obligation d’équilibre financier, qui pèse sur le régime complémentaire des salariés du privé ».

Minimum vieillesse. 916,78 euros, en cas d’absence de pension de retraite, pour une personne seule. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), pendant du RSA pour les seniors, a « bénéficié » en 2022 du même pourcentage de revalorisation que la retraite de base, c’est-à-dire 1,1%. Loin, là encore, de protéger les personnes âgées concernées de l’inflation actuelle.Frais bancaires : jusqu’à 259 € d’économies grâce à notre comparateur

Allocation logement. Si les APL sont désormais calculés en « temps réel », ce qui est censé permettre de s’adapter plus rapidement aux évolutions personnelles, le barème des aides au logement est lui revalorisé une fois par an. Et là encore la hausse récente apparaît rétrospectivement bien désavantageuse pour les bénéficiaires au regard de l’inflation : +0,42% seulement en octobre 2021. Pourquoi ? Car les allocations personnalisées au logement sont réévaluées sur la base de l’indice de référence des loyers (IRL), lui-même calculé sur l’inflation moyenne des douze mois précédents… Pour profiter d’une hausse plus franche des APL, il faudra attendre la rentrée scolaire 2022 : l’aide sera alors réévaluée à la hausse au 1er octobre, sur la base de l’IRL du 2e trimestre 2022.

Source : Moneyvox